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ANGLAIS ORIGINAL : Tantra: The Supreme Understanding

Osho Livre: Tantra suprême sagesse

 

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Tantra suprême sagesse

"L’expérience de l’ultime n’est pas une expérience, car l’expérimentateur a disparu. Et lorsque l’expérimentateur n’est plus, que peut-on dire? Qui pourrait en parler? Qui pourrait décrire cette expérience? Quand il n’y a pas de sujet, l’objet disparaît -les berges s’effacent et il ne subsiste que la dimension fluide de l’expérience. La connaissance est là, mais pas celui qui connaît".
 
 
Livres - Détails Table des matières
 
Editions Ronan Denniel
9990494134
    #1: L’expérience ultime
    #2: La racine de tous les problèmes
    #3: De la nature des ténèbres et de la lumière
    #4: Tel un bambou creux
    #5: La vérité innée
    #6: Le grand enseignement
    #7: Le chemin sans chemin
    #8: Couper la racine
    #9: Au-delà et encore au-delà
    #10: La suprême sagesse
 
 
 
Extrait du chapitre 1
L’expérience de l’ultime n’est pas une expérience, car l’expérimentateur a disparu. Et lorsque l’expérimentateur n’est plus, que peut-on dire? Qui pourrait en parler? Qui pourrait décrire cette expérience? Quand il n’y a pas de sujet, l’objet disparaît, les berges s’effacent et il ne subsiste que la dimension fluide de l’expérience. La connaissance est là, mais pas celui qui connaît.

Ceci a été le problème de tous les mystiques. Ils atteignent l’ultime, mais ne parviennent pas à le transmettre. Ils ne peuvent pas relater cette expérience à ceux qui voudraient l’appréhender intellectuellement. Ils sont devenus un avec elle. Leur être tout entier l’exhale, mais aucune communication intellectuelle n’est possible. Ils peuvent vous l’offrir, si vous êtes prêt à la recevoir. Ils peuvent permettre qu’elle se produise en vous, si vous vous aussi le permettez, si vous êtes réceptif et ouvert. Mais ni les mots ni les symboles n’y feront; pas plus que les théories et les doctrines.

Aussi, l’expérience est telle qu’elle s’apparente davantage à un vécu en pleine évolution qu’à une simple expérience. C’est un processus qui a un commencement mais jamais de fin. Vous entrez en lui sans jamais le posséder. Ceci est comparable à la goutte d’eau se perdant dans l’océan, ou à l’océan se perdant dans la goutte d’eau. Il y a fusion totale, unité; vous vous fondez alors simplement en elle. Il ne reste rien derrière, pas la moindre trace; alors, qui pourrait communiquer? Qui redescendrait dans le monde de la vallée? Qui reviendrait dans cette nuit noire pour vous en parler?

Tous les mystiques du monde se sont à jamais sentis impuissants à communiquer cela. La communion est possible, mais pas la communication. Vous devez tout d’abord comprendre cela. La communion relève d’une tout autre dimension: c’est la rencontre de deux cœurs, une histoire d’amour. La communication se fait de tête à tête; la communion se fait de cœur à cœur, c’est un ressenti. Communication est synonyme de connaissance: seuls des mots sont donnés, seuls des mots sont prononcés, seuls des mots sont utilisés et compris. Les mots sont ainsi, la véritable nature des mots est si dénuée de vie, que rien de vivant ne peut être transmis à travers eux. Même dans la vie quotidienne - laissons de côté l’Ultime - même dans le simple vécu d’un moment élevé, d’un moment extatique, lorsque vous sentez réellement quelque chose et que vous devenez différent, les mots ne peuvent le transcrire.

Lorsque j’étais enfant, j’avais l’habitude de me rendre tôt le matin à la rivière. C’était un tout petit village. La rivière était très indolente et semblait ne pas s’écouler. Au petit matin, alors que le soleil n’était pas encore levé, il n’était pas possible de savoir si la rivière coulait ou non tant elle était nonchalante et silencieuse. Ainsi, tôt le matin, quand personne n’était encore arrivé et qu’il n’y avait pas la moindre personne à prendre son bain, tout était merveilleusement silencieux. Même les oiseaux ne chantaient pas dans le matin; si tôt, il n’y avait aucun bruit et tout était imprégné d’un profond silence. L’odeur des manguiers était comme suspendue au-dessus de la rivière.

Je me rendais souvent là-bas, à l’endroit le plus avancé sur le bord de l’eau, simplement pour m’asseoir, simplement pour être là. Il n’y avait pas besoin de faire quoi que ce soit, juste être là. C’était une si belle expérience que d’être là. Je me baignais, je nageais, et dès que le soleil pointait, j’allais sur l’autre rive où il y avait une grande étendue de sable, et là, je m’étendais et me faisais sécher au soleil, et quelques fois même, je m’assoupissais.

De retour à la maison, ma mère me demandait toujours: "Qu’as-tu donc fait durant toute la matinée?", et je répondais: "Rien", parce qu’effectivement je n’avais rien fait. Alors, elle renchérissait: "Comment cela est-il possible? Tu t’es absenté quatre heures durant, alors comment peux¬ tu n’avoir rien fait? Tu as bien du faire quelque chose". Elle avait raison, mais je n’avais pas tort non plus.

Je n’avais rien fait du tout. J’avais simplement été là, avec la rivière, ne faisant rien, laissant les choses se produire. Si l’atmosphère, oui l’atmosphère, était à la baignade, alors je me baignais, mais l’initiative ne provenait pas de moi, et je ne forçais rien. Si je me sentais bien à dormir, alors je dormais. Des choses survenaient, mais il n’y avait pas d’acteur. Ainsi, j’ai vécu ma première expérience de satori au bord de cette rivière: en ne faisant rien, en étant simplement là, mille choses se produisaient.

Cependant, ma mère affirmait que j’avais bien dû faire quelque chose; alors je disais: "Soit, je me suis baigné, puis je me suis séché au soleil", et ainsi elle était satisfaite. Il n’en était pas ainsi pour moi, car ce qui s’était passé à la rivière ne s’exprime pas dans les mots: "Je me suis baigné", et cela m’apparaissait si pauvre, si fade. L’expérience d’avoir joué et nagé dans la rivière, de m’être laissé porter par elle, était si profonde que prononcer les mots: "Je me suis baigné", ne signifiait rien; aussi, dire simplement: "Je suis allé là bas, je me suis promené sur la rive, je me suis assis ne transmettait rien non plus.

De même, dans une vie ordinaire, vous pouvez ressentir la futilité des mots. Et si vous ne ressentez pas la futilité des mots, cela montre que vous n’avez pas vécu du tout; cela montre aussi que vous avez vécu très superficiellement. Quoique vous ayez vécu, si vous pouvez le transcrire au travers des mots, cela signifie que vous n’avez pas vécu du tout.

Quand, pour la première fois, vous expérimentez quelque chose au-delà des mots, alors la vie est née en vous, elle a frappé à votre porte. Ainsi, quand l’Ultime frappe à votre porte, vous dépassez simplement le monde des mots, vous devenez muet, vous ne pouvez plus parler: pas le moindre mot ne s’articule en vous. Alors, tout ce que vous pourriez dire paraît si terne, si mort, vide de sens, dénué de signification, qu’il vous semble commettre une injustice envers cette expérience. Souvenez-vous bien de ceci, car Mahamudra est l’expérience suprême et ultime.

Mahamudra est un orgasme total avec l’univers. Si vous avez aimé quelqu’un, et que vous avez ressenti une fusion telle que vous n’étiez plus deux, que vos corps restaient séparés, mais qu’un pont existait entre vous, un pont en or, et que la dualité intérieure avait disparu - une énergie de vie vibrait aux deux pôles. Alors, seulement si cela vous est arrivé, vous pouvez comprendre ce qu’est Mahamudra.

Mahamudra est des millions et des millions de fois plus profond, des millions et des millions de fois plus élevé. C’est un orgasme total avec le Tout, avec l’univers. C’est la fusion dans la source de l’Être.
Ceci est le chant du Mahamudra. Et c’est d’ailleurs merveilleux que Tilopa en a fait un chant...
 

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